• La découverte du pilier des nautes dans le chœur de la cathédrale

    Laura Foulquier

    Dessin des fouilles faites en 1711 dans le choeur de Notre-Dame (doc M. Martial)

    Un lavis à l’encre brune conservé à la Bibliothèque nationale de France montre les entrailles de la cathédrale au début du XVIIIe siècle : il s’agit des excavations réalisées en 1710 dans le chœur de l’édifice pour la construction d’un caveau (voir figure). On devine des blocs imposants qui prennent une dimension quasi théâtrale en se détachant clairement des murs étayés, restés dans la pénombre. Bernard de Montfaucon rapporte la découverte en ces termes dans L’Antiquité expliquée et représentée en figures (1722) : « C’est une des plus belles découvertes, touchant à la religion des Gaulois, qu’on ait fait il y a longtemps : ils furent trouvés en 1711, au mois de Mars, lorsqu’on creusa pour faire un caveau destiné à la sépulture des Archevêques ». Il atteste de l’émotion que suscita la découverte de ces « quatre grandes pierres qui furent trouvées bien avant dans la terre, et qui ont des bas-reliefs des quatre côtés ; quoique dans quelques-unes les sculptures aient souffert de l’injure du temps » (tome II, p. 423). Cet ensemble, aujourd’hui conservé au Musée de Cluny, à Paris, c’est le Pilier des Nautes. Longtemps présenté comme un groupe d’autels, il s’agit en réalité d’une colonne monumentale érigée en l’honneur de Jupiter par les bateliers de Lutèce, au Ier siècle, sous le règne de l’empereur Tibère.

    Ces blocs avaient été remployés pour l’édification d’un bâtiment durant le Bas-Empire sur l’emprise duquel les parties orientales de la cathédrale se sont en partie surimposées. Cet ensemble sculpté nous rappelle que l’édifice doit se lire sur le temps long. Et ces matériaux de récupération, longtemps boudés par l’historiographie qui les tenait pour des objets de peu, permettent de saisir dans sa matérialité l’épaisseur du temps.

     

    Orientations bibliographiques

    Philippe de Carbonnières, Lutèce. Paris, ville romaine, Paris, Gallimard, 1997.

    Paul-Marie Duval, Paris antique, des origines au IIIe siècle, Paris, Hermann, 1961.

     

    Mise en ligne le 29 avril 2019

  • L’incendie de 1218 à Notre-Dame

     

    Olivier de Châlus

    Avant le 15 avril 2019, l’historiographie de la cathédrale n’avait retenu que deux incendies d’importance. L’incendie de 1871 par les communards, qui s’avère être une construction de propagande sans fondement, et l’incendie de 1218. La nuit précédant la fête d’Assomption de cette année-là, un voleur s’introduisit dans les combles de la cathédrale pour dérober, à l’aide de cordes et de crochets, les chandeliers préparés pour l’occasion. Par la maladresse de sa périlleuse entreprise il enflamma les tentures de soie qui tapissaient le chœur, et c’est pour ces conséquences que cet événement a été consigné dans les chroniques médiévales.

    Cet incendie est capital pour l’historiographie de la cathédrale, car Viollet-le-Duc y a vu la cause de ravages qui auraient entraîné des dégradations irrémédiables sur la cathédrale de Maurice de Sully. Pour cette raison, la cathédrale aurait été très lourdement restaurée à partir des années 1220.

    Tous les chercheurs qui se sont par la suite penchés sur cette question, à commencer par Marcel Aubert, ont minimisé l’ampleur évoquée par Viollet-le-Duc pour cet événement, considérant qu’un tel incendie aurait laissé des traces indélébiles que nous aurions identifiées. Ils ont alors tous cherché à expliquer d’une autre manière ce que nous pourrions qualifier de première des trois grandes réfections de la cathédrale, les deux autres étant celle de Viollet-le-Duc et celle qui s’annonce aujourd’hui.

    L’incendie récent nous permettra d’en connaitre davantage sur les conséquences potentielles d’un incendie d’ampleur en 1218 et rouvrira peut-être le débat, avec de nouvelles observations du bâti. Une autre question se pose : si, comme l’a retenu l’historiographie, les voûtes du chœur étaient effectivement en place en 1182 pour la consécration du chœur, comment cet homme aurait-il pu, trente-six ans plus tard, espérer dérober des chandeliers depuis la charpente… Cet incendie nous apprend très certainement également que les voûtes du chœur de Notre-Dame de Paris sont postérieures à 1218.

     

    Éléments bibliographiques :

    Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française, tome II, article cathédrale, 1859

    Marcel Aubert, Notre-Dame de Paris, sa place dans l’architecture du XIIe au XIVe siècle, 1920

    Olivier de Châlus, Thèse de doctorat, en préparation sous la direction de Philippe Bernardi

     

    Fiches thématiques

     

    Mise en ligne le 29 avril 2019

  • La couronne d’épines, la plus précieuse des reliques de Notre-Dame de Paris

    Ajouter et réorganiser les éléments que vous désirez.

    La couronne d'épines

    La possession de reliques est, au Moyen Âge, un élément déterminant du prestige d’un établissement religieux. Plus la relique est précieuse, plus elle rejaillit d’éclat sur son détenteur. Et quoi de plus prestigieux que la couronne d’épines dont le Christ fut affublé par des soldats romains le jour de la Passion !

    Dans le contexte du Concile de Nicée, les instruments de la Passion auraient été redécouverts par Hélène, mère de l’empereur Constantin. Entre le VIIe et le Xe siècles, ces reliques furent transférées de Jérusalem à Constantinople, pour les mettre à l’abri des pillages menés par les Perses.

    En 1204, les croisés latins ont pris Constantinople, mais, entourés de voisins hostiles, leur position s’avère incertaine. En 1237, Baudouin, empereur latin de Constantinople, qui manque de ressources, propose au roi Louis IX (futur saint Louis) et à sa mère, Blanche de Castille, d’acheter la Sainte couronne d’épines. Louis IX envoie des émissaires à Constantinople, mais, entre temps, étranglés par leurs créanciers, les barons latins ont vendu la relique aux Vénitiens. La couronne voyage de Constantinople à Venise, échappant aux galères des Grecs, et c’est dans la cité des Doges que Louis IX fait procéder à la transaction pour un montant particulièrement élevé.


    La relique, protégée dans une châsse, arrive dans le royaume de France en août 1239. Le roi, sa mère, son frère Robert d’Artois, l’archevêque de Sens et les grands prélats du royaume se portent au devant du convoi, qu’ils accueillent à Villeneuve-l’Archevêque. Là, le roi et son frère revêtent la tunique du pénitent et pieds nus accompagnent la châsse jusqu’à Sens, puis de là jusqu’à Paris. Pour donner à cette relique inestimable un écrin exceptionnel, Louis IX fait construire la Sainte-Chapelle. Il y préleva de nombreuses épines pour en faire don aux grands établissements religieux de la chrétienté. Sous la révolution la Sainte couronne est transférée à l’abbaye de Saint-Denis, puis à la Bibliothèque nationale. À la suite du Concordat, elle est confiée à l’archevêque de Paris en 1806 et placée sous la garde formelle des chevaliers du Saint-Sépulcre.


    Référence :

    Jacques Le Goff, Saint Louis, Gallimard, Paris, 1999.

     

    Mise en ligne le 23 avril 2019

  • Le plus ancien plan connu de Notre-Dame de Paris

    Yves Gallet

    Détail du plus ancien plan de Notre-Dame de Paris

    Le plus ancien plan connu de la cathédrale Notre-Dame de Paris remonte au XIVe siècle et se trouve à… Strasbourg ! C’est un plan du chevet de Notre-Dame, tracé à l’encre brune, sur parchemin. Il mesure dans ses plus grandes dimensions 63,5 x 53,5 cm. Au verso est dessiné le plan du chevet d’une autre grande cathédrale gothique, la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans. Ce double plan est aujourd’hui conservé au Musée de l’Œuvre Notre-Dame, au sein d’une prestigieuse collection de dessins d’architecture, sous le n° 21.

    La cathédrale d’Orléans a été entreprise en 1287. Le chevet de Notre-Dame a été pourvu de chapelles, sur tout son pourtour, à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle : de 1255-1265 à 1288 pour les chapelles des travées droites, de 1296 à 1318-1320 pour les chapelles rayonnantes, à l’époque où Pierre de Chelles est maître des œuvres de Notre-Dame. Le double plan conservé à Strasbourg, qui figure ces chapelles, a donc dû être tracé aux alentours de 1320. Peut-être était-il déjà à Strasbourg avant 1322, car à cette date, les chantiers de la vallée du Rhin, comme la collégiale d’Oppenheim, commencent à s’inspirer des formes parisiennes telles qu’elles figurent sur le dessin de Strasbourg, dont on imagine fort bien qu’il ait pu être consulté dans la loge de la cathédrale alsacienne.

    La présence à Strasbourg du plan du chevet de Notre-Dame s’explique facilement. Autour des années 1320, pour rivaliser avec la cathédrale de Cologne où la construction du chevet gothique était en passe de se terminer (1248-1322), les chanoines du chapitre de Strasbourg ont dû envisager la reconstruction du chevet de leur cathédrale, et ont commencé à réunir, à cet effet, une documentation relative aux grands chantiers gothiques de la fin du XIIIe siècle : le plan de Notre-Dame de Paris doit en être un vestige. Il forme la preuve que les parties de la cathédrale parisienne construites à l’époque du gothique rayonnant, aujourd’hui souvent considérées comme de simples additions à la structure du premier art gothique, ont suscité admiration et intérêt à une très large échelle, jusque sur les meilleurs chantiers européens du XIVe siècle.

     

    Orientation bibliographique :

    Yves Gallet, « Le dessin 21 de l’Œuvre Notre-Dame : un projet de chevet pour la cathédrale de Strasbourg ? », Bulletin de la cathédrale de Strasbourg, vol. XXIX, 2010, p. 115-146
    Johann Josef Böker, Anne-Christine Brehm, Julian Hanschke et Jean-Sébastien Sauvé, Architektur der Gotik, III : Rheinlande, Salzbourg, Müry-Salzmann, 2013, p. 249-252.

     

    Fiches thématiques

     

    Mise en ligne le 22 avril 2019

  • Dans quel état était Notre-Dame à la fin du Moyen Âge ?

    Etienne Hamon

    À l’aube de la Renaissance, l’entretien de la cathédrale n’était plus assuré avec autant de régularité qu’auparavant, conséquence du désintérêt croissant pour un édifice qui n’avait plus été modernisé depuis le XIVe siècle et des désaccords entre chapitre évêque à propos du financement des travaux de plus en plus coûteux. Le conflit s’envenima au début du XVIe siècle avec la mise en évidence, par les hommes de l’art, de l’ampleur des dépenses à engager. Réunies à plusieurs reprises au cours de l’année 1526, des commissions d’experts rendent ainsi des rapports alarmants (voir figure). Le beffroi de la tour nord est jugé mal conçu et irréparable. Sur toutes les façades, les claires-voies et gargouilles menacent ruine. Certains garde-corps déjà tombés ont été remplacés par des barrières de bois qui se désagrègent à leur tour. Des dais sculptés au nord de la nef ont été démontés par précaution. Il faut refaire la pointe de la plupart des gables (« guymberges ») des chapelles ajoutées à l’époque rayonnante autour du chevet. La rose (« osteau ») sud, déjà étayée depuis des années, doit être entièrement déposée et reconstruite, ainsi que le pignon qui la surmonte. Un rejointoiement général des chéneaux, terrasses des tribunes, des collatéraux et des chapelles est préconisé. Les ogives et voûtains de plusieurs voûtes basses, minées par les infiltrations, sont à refaire, et il faut aussi déboucher les orifices d’évacuation de secours pratiqués dans leurs reins. Mais c’est la voûte de la croisée qui inspire les plus grandes craintes, ses nervures et doubleaux étant dangereusement affaissés. Plusieurs pièces de la charpente sont à changer, dont un chevron à la croupe ainsi qu’une des enrayures de la flèche centrale et deux des contrefiches qui la soutiennent sous les noues des charpentes adjacentes. Ces rapports constituent aussi les derniers témoignages directs de la présence de certaines statues ornant les chapelles et, a contrario, de l’absence de gables à l’extérieur des chapelles de la nef, réinventés plus tard par Viollet le Duc. Malgré le constat inquiétant dressé alors, l’attentisme l’emporta, rendant inévitable la dépose aux XVIIe et XVIIIe siècles d’une grande partie des éléments ajourés et sculptés qui faisaient la parure de la cathédrale. La rose sud dut être largement reprise par Germain Boffrand en 1728, avant que Viollet le Duc n’en change plus radicalement la disposition.


    Bibliographie :
    Ernest Coyecque, « Notre-Dame de Paris (1395-1526) », Nouvelles archives de l’art français, 1887, p. 90-94. Editions partielles de documents des Archives nationales.

     

    Fiches thématiques

     

    Mise en ligne le 27 avril 2019

  • Un projet de transformation de la voûte de la croisée de Notre-Dame au début du XVIe siècle

    Etienne Hamon

    Les voûtes lancées aux XIIe et XIIIe siècles, parfaitement équilibrées et abritées des intempéries, n’ont pas connu de modification significative avant le XIXe siècle. Toutefois, dans les années 1500, les maîtres des œuvres de la cathédrale attirèrent l’attention du chapitre sur l’état alarmant de la voûte de la croisée du transept. Ils préconisèrent sa reconstruction sur un nouveau plan à liernes et tiercerons qu’ils jugeaient plus adapté à sa grande portée. Mais cela supposait d’échafauder sur une grande hauteur, comme en témoigne un rare projet dessiné dont l’auteur pourrait être Jean Guitart, charpentier de la cathédrale. Effrayé par les dépenses qu’entrainerait une telle opération, le chapitre commanda une contre-expertise et, passant outre l’avis de son maître des œuvres de maçonnerie, l’architecte Jean Moireau, il opta pour une réparation à l’économie. En 1526 et encore en 1567, l’état de la voûte était donc toujours aussi préoccupant. De rejointoiements en replâtrages, cette voûte resta en place jusqu’à ce que Viollet le Duc la dépose et la reconstruise sur un plan quadripartite.


    Références :
    Fonds des archives anciennes de Notre-Dame aux Archives nationales, série L : délibérations capitulaires, procès-verbaux de visite et dessin des cintres.
    Étienne HAMON, Une capitale flamboyante : la création monumentale à Paris autour de 1500, Paris, Picard, 2011.
    Notre-Dame de Paris (coll. La grâce d’une cathédrale), Strasbourg-Paris, La Nuée bleue – Place des Victoires, 2012.

     

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    Mise en ligne le 22 avril 2019

  • L’apport des images médiévales de Notre-Dame à sa restauration

    Raphaële Skupien

    Notre-Dame de Paris est l’un des monuments emblématiques de la capitale les plus fréquemment représentés depuis la fin du Moyen Âge. Toutes ses parties ont été admirées. En témoigne la grande diversité de points de vue portés sur le monument dans les images. Les parties hautes de la cathédrale, abîmées dans l’incendie du 15 avril dernier, sont particulièrement mises en valeur dans les vues de la ville qui permettent d’en apprécier la toiture d’ardoises sommée d'une haute flèche à la base architecturée. De nombreuses ouvertures semblaient alors garantir l'aération des combles tandis que deux épis figurés amortissaient la flèche et la croupe du chevet.

    La façade occidentale a davantage retenu l’attention des artistes. Ceux qui en ont donné les vues les plus fidèles ont nettement distingué la flèche de Notre-Dame, visible entre les deux tours asymétriques, de celle de la Sainte-Chapelle.
    En privilégiant la représentation du chevet de la cathédrale à celle du frontispice, deux peintres ont exprimé une connaissance plus complète et plus approfondie du monument que la plupart de leurs homologues. Leurs images renseignent très précisément sur la jonction entre la couverture et la maçonnerie. De manière tout à fait exceptionnelle l'une d'elles figure une scène de chantier… un véritable modus operandi pour nos architectes puisque l’on y voit les techniques de construction du XVe siècle appliquées à la réfection de la couverture du chevet de Notre-Dame !
    Le degré de détail de ces dessins facilite leur transposition en image numérique 3D (via le logiciel Sketch'up, par exemple) à partir de laquelle on peut produire une maquette imprimée en vue d'une éventuelle reconstruction. Cette méthode de restitution novatrice a été utilisée pour l’îlot de Sainte-Croix-en-la-Cité dont la maquette sera présentée à l'automne prochain aux Archives nationales. Si les images médiévales nécessitent d’être analysées avec prudence, à la lumière du contexte de production et des données archéologiques et techniques, elles apportent des informations irremplaçables concernant la forme voire l’évolution des formes de la cathédrale parisienne au XVe siècle.

     

    Éléments de bibliographie / webographie :
    Raphaële SKUPIEN, « La cathédrale transfigurée : II. Notre-Dame de Paris dans les images de la fin du Moyen Âge (XIVe-XVIe siècle) », Livraisons d’Histoire de l’Architecture, 38|2019 [à paraître].
    Raphaële SKUPIEN, « Figure de l’îlot de Sainte-Croix-en-la-Cité, ca. 1499 », dans DUMASY J. et SERCHUK C., Quand les artistes dessinaient les cartes. Vues et figures de l'espace français au Moyen Âge et à la Renaissance, cat. expo. (Paris, Archives nationales, hôtel de Soubise, 24 sept. 2019 – 7 janv. 2020), Le Passage, 2019, not. 96 [à paraître].

     

     

    Fiches thématiques

     

    Mise en ligne le 22 avril 2019

  • Le groupe épiscopal de Paris durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge

    Matthias Dupuis

    Extrait du plan de Paris par Olivier Truschet et Germain Hoyau (v. 1552-1559), l’église Saint-Jean-le-Rond apparaît accolée contre le mur nord de la cathédrale gothique (Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet)

    Figure 1 : Extrait du plan de Paris par Olivier Truschet et Germain Hoyau (v. 1552-1559), l’église Saint-Jean-le-Rond apparaît accolée contre le mur nord de la cathédrale gothique (Ville de Paris / BHVP / Roger-Viollet)

    La construction de Notre-Dame de Paris, amorcée à partir des années 1160, s’inscrit dans le prolongement d’une évolution architecturale et topographique qui remonte à la période antique. En dehors des informations fournies par les témoignages textuels, les origines de la cathédrale sont connues par des découvertes archéologiques anciennes et disparates, réalisées à l’intérieur du monument et aux abords de celui-ci depuis le XVIIIe siècle.
    Il existe, au moins dès le milieu du IVe siècle, une communauté chrétienne à Paris, alors placée sous l’autorité de l’évêque Victurinus. La cathédrale – c’est-à-dire l’église de l’évêque – est mentionnée dans la vie de Saint-Martin au IVe siècle, puis décrite par le poète Venance Fortunat au cours du VIe siècle, qui parle d’un édifice doté d’une "salle resplendissante", qui s’élève "sur des colonnes de marbre et qui capte les premiers rayons du soleil". Clovis avait alors fait de Paris, durant son règne, la capitale du royaume franc et l’église dont parle Fortunat aurait été construite à l’initiative de son fils, le souverain mérovingien Childebert Ier (v. 497-558). Comme dans les autres cités de la Gaule, cette cathédrale n’était pas isolée : elle était accompagnée par d’autres églises, remplissant des fonctions liturgiques particulières, ainsi que par un baptistère et par la domus ecclesiae, la demeure de l’évêque. L’ensemble composait ce que l’on nomme un groupe épiscopal. Au moins deux églises sont attestées par les textes : l’église Saint-Etienne, mentionnée en 691, et l’église Notre-Dame, qui apparaît dans un diplôme de Charlemagne en 775. Le baptistère, mentionné au Ve siècle, est décrit dans un texte du VIe siècle : il est traditionnellement assimilé à l’église Saint-Jean-le-Rond, qui s’y serait substitué au début du XIIIe siècle. L’église Saint-Jean-le-Rond, installée contre le mur nord de la cathédrale gothique, apparaît sur les plans anciens de la ville ; elle fut démolie en 1748.

    Les églises de l’ancien groupe épiscopal de Paris, d’après la publication de Jean Hubert

    Figure 2 : Les églises de l’ancien groupe épiscopal de Paris, d’après la publication de Jean Hubert

    Les fouilles archéologiques conduites à l’intérieur de la cathédrale et aux abords de celle-ci ont permis de révéler les vestiges de différents édifices qui ont précédé le chantier gothique. Dès 1711, Dom Michel Félibien, relate la découverte – lors du creusement d’un caveau destiné à la sépulture des archevêques – de deux murs accolés orientés Nord-Sud localisés dans la seconde travée du chœur et dans l’un desquels étaient remployés les blocs sculptés du Pilier des Nautes, aujourd’hui conservé au musée de Cluny. Ce caveau fut ensuite entièrement reconstruit par Viollet-le-Duc en 1858, ce qui permis de découvrir, à l’est des murs dégagés en 1711, une abside semi-circulaire d’environ 6 m de diamètre. Parallèlement, les fouilles entreprises sur le parvis de la cathédrale par Théodore Vacquer dès 1845, complétées par celles de Michel Fleury dans les années 1960-1970 permirent de mettre au jour les substructures d’une très vaste église à plusieurs nefs, large de 25 m et dotée d’un avant-corps occidental. Seule la partie ouest de cet édifice a été dégagée, le reste étant pris sous la façade de la cathédrale gothique.

    Chapiteau provenant de l’ébrasement droit du portail occidental de Saint-Jean-le-Rond. Trouvé lors des fouilles du parvis de Notre-Dame de Paris en 1998-1999, attribué au Musée de Cluny en 2007 (© RMN-GP/cliché Jean-Gilles Berizzi)

    Figure 3 : Chapiteau provenant de l’ébrasement droit du portail occidental de Saint-Jean-le-Rond. Trouvé lors des fouilles du parvis de Notre-Dame de Paris en 1998-1999, attribué au Musée de Cluny en 2007 (© RMN-GP/cliché Jean-Gilles Berizzi)

    La mise en perspective de ces découvertes avec les témoignages des textes reste soumise à la discussion. On a longtemps voulu voir, dans l’édifice dégagé par Théodore Vacquer, les vestiges de l’église Saint-Etienne, longtemps assimilée à la cathédrale mérovingienne. L’archéologue Jean Hubert proposait d’interpréter l’abside découverte par Viollet-le-Duc comme l’extrémité orientale de la seconde église, consacrée à la Vierge et attestée à la fin du VIIIe siècle. L’une et l’autre, alignées sur le même axe, auraient formé un modèle de « cathédrale double » cher à cet auteur. Les données archéologiques ne sont toutefois pas suffisamment précises pour établir la chronologie des deux monuments et une relecture récente des textes et des données archéologiques conduisent à nuancer cette interprétation. Seules de nouvelles recherches archéologiques permettraient, finalement, d’affiner nos connaissances sur le groupe épiscopal du haut Moyen Âge et d’établir précisément la topographie de cet ensemble exceptionnel installé au cœur de l’Île de la Cité.

     

    Bibliographie
    Marcel Aubert, Les anciennes églises épiscopales de Paris, Saint-Étienne et Notre-Dame, au XIe siècle et au début du XIIe, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 83ᵉ année, N. 3 (1939), p. 319-327; https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1939_num_83_3_77195
    Jean Hubert, Les origines de Notre-Dame de Paris, Revue d'histoire de l'Église de France, tome 50, n°147 (1964) p. 5-26 ; https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1964_num_50_147_1726
    Josiane Barbier, Didier Buisson, Véronique Soulay, Avant la cathédrale gothique, Notre-Dame de Paris, éd. A. Vingt-Trois, Strasbourg, 2012 (La grâce d’une cathédrale), p. 17-28.
     

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    Mise en ligne le 2 mai 2019

  • Témoignages des bâtisseurs du Moyen Âge sur la perfection artistique et technique Notre-Dame

    Etienne Hamon

    Tour Nord de la façade occidentale de la cathédrale de Bourges (cl. E. Hamon)

    Les historiens de l’art ont mis en évidence depuis plus d’un siècle, par l’étude attentive des œuvres elles-mêmes, la place exceptionnelle de la cathédrale gothique de Paris comme modèle pour les créations monumentales qui ont vu le jour jusqu’aux confins de l’Europe chrétienne : un modèle d’élévation dès l’achèvement du chœur ; un modèle de couverture en plomb dès l’installation des toitures définitives ; un modèle de programme sculpté à chaque étape de la mise en place des portails ouest ; un modèle de façade ajourée à peine montées les nouvelles parois du transept ; un modèle de chevet avant comme après l’ajout des chapelles rayonnantes, etc.

    Des textes souvent méconnus relatifs à des réalisations aujourd’hui disparues ou qui ne virent jamais le jour nous rappellent que la référence offerte par Notre-Dame, qu’elle soit absolue ou relative, occupait encore les esprits de la plupart des acteurs de la création des principaux centres artistiques français et européens, longtemps après l’époque rayonnante au cours de laquelle les dernières transformations significatives avaient été apportées à l’édifice, et souvent bien après l’époque de conception des éléments imités. La liste de témoignages écrits qui suit, qui ne saurait faire oublier tout ce que Notre-Dame doit elle-même à ses semblables, n’a nulle prétention à l’exhaustivité. Cet échantillon n’en donne pas moins un bon aperçu de la diversité des modèles encore proposés à la fin du Moyen Âge par la cathédrale de Paris.

    Parmi les réalisations susceptibles, en raison de leur achèvement tardif, de susciter l’intérêt figuraient les clôtures de chœur, sculptées au début du XIVe. Elles furent invoquées en exemple, vers 1400, pour celles que l’on projetait à la cathédrale de Reims. Les nouvelles installations liturgiques de grande ampleur étaient également admirées, tel le lutrin en laiton du chœur qui servit de modèle vers 1400 à celui de la cathédrale de Rouen. Dans la primatiale normande, on copia également en 1451 une des cloches de Notre-Dame (la dénommée Jacqueline, qui avait été refondue en 1430) et le beffroi de sa tour sud en 1501. Au début du XVIe siècle, les grandes tentures de chœur de Paris étaient régulièrement invoquées en exemple par les commanditaires de ces ensembles tissés alors très en vogue, comme ses pierres tombales étaient imitées pour être exportées dans tout le bassin parisien et ses orgues admirées jusqu’en Picardie.

    Mais l’architecture des XIIe et XIIIe siècles de Notre-Dame était toujours à l’honneur à l’époque flamboyante. Même les couvertures en terrasses de ses collatéraux étaient encore de nature, en raison de leurs caractéristiques techniques, à fournir des modèles aux programmes les plus divers. Dans les années 1480, le ragréage des maçonneries du château de Saint-Fargeau (Yonne) se fit ainsi à l’aide d’un « ciment » dont la recette s’inspirait de celle employée à Notre-Dame. Mais c’est surtout la façade occidentale qui continuait d’inspirer les bâtisseurs. En 1456 puis de nouveau en 1489, elle fut visitée par des délégations du chapitre de la cathédrale de Troyes, où les acteurs du chantier de la nouvelle façade étaient à la recherche des meilleurs modèles et des meilleurs architectes pour les appliquer. Enfin entre 1524 et 1528, le chapitre de Saint-Étienne de Bourges (cf. photo), une cathédrale souvent invoquée pour sa dette envers Notre-Dame à la fin du xiie siècle, délibéra de terminer la tour nord en cours de reconstruction avec une terrasse, puis de munir celle-ci d’une charpente couverte de plomb, dans les deux cas « ad instar turrium ecclesie Parisiensis » (à la manière des tours de la cathédrale de Paris). Dès 1505, la nef de Notre-Dame s’était offerte en modèle de régularité à Jean Pèlerin, auteur du De artificiali perspectiva, premier traité de perspective illustré à avoir été imprimé en France.

    La connaissance de Notre-Dame, qui se diffusa au gré de la circulation des hommes mais aussi des dessins d’architectes, fut parfois plus critique. Dans les années 1402, les maîtres d’ouvrages du duomo de Milan, qui avaient fait venir de Paris et d’ailleurs des artistes pour les éclairer sur les grandes options structurelles à donner à leur église, finirent par opter pour un vaisseau peu élancé, craignant que l’importance des organes de contrebutement n’assombrisse fâcheusement l’église comme c’était le cas selon eux... à Notre-Dame de Paris.

     

    Références :

    Depuis la première synthèse de Marcel Aubert sur le rayonnement de Notre-Dame jusqu’au XIVe siècle (Notre-Dame de Paris : sa place dans l'histoire de l'architecture du XIIe au XIVe siècle, Paris, 1920), cette thématique a été largement renouvelé. Les mentions ici rassemblées pour les XVe-XVIe siècles sont inédites ou dispersées dans diverses publications.

     

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    Mise en ligne le 8 mai 2019

  • Avant la cathédrale gothique. IVe-XIe siècles.

    Josiane Barbier, Didier Busson et Véronique Soulay

    Les états antérieurs à la cathédrale gothique sont documentés par les découvertes archéologiques faites depuis le XVIIe siècle sous la cathédrale gothique et ses abords et par la documentation écrite. La relecture de ces sources permet d’invalider certaines idées reçues et de proposer de nouvelles hypothèses.

    Le premier évêque de Paris connu par une source fiable, Victurinus, est nommé dans les actes du concile de Paris de mars 360. La cathédrale est attestée dans le dernier quart du IVe siècle (Vie de saint Martin), le baptistère dans la seconde moitié du Ve (Vie de sainte Geneviève). L’aménagement de l’Île de la Cité durant le IVe siècle – plateau de 10 ha, enceinte, réseau viaire, bâtiments publics, grande basilique, thermes publics, peut-être un arsenal – suggère que cette cathédrale était installée dans l’île, sans doute dans le secteur de la cathédrale actuelle. Aucune trace archéologique n’en a été retrouvée, le mur découvert en 1711 sous le chœur de la cathédrale gothique dans lequel est remployé le pilier des Nautes appartenait probablement à un édifice civil.

    Childebert Ier (511-558) reconstruisit ou dota cette cathédrale d’aménagements architecturaux et d’un décor monumental connus par le poète Fortunat. La confrontation de cette description avec les vestiges archéologiques dégagés depuis le XVIIe siècle sous le parvis de la cathédrale actuelle (colonnes de marbre, fragments de mosaïques, fondations d’un édifice de plan basilical) a fait attribuer ces traces à la cathédrale du VIe siècle. Des études récentes montrent que les vestiges utilisés en faveur de cette interprétation sont plus anciens que les fondations (les colonnes de marbre ont été découvertes en dépôt sous le niveau de circulation de l’édifice du parvis, les mosaïques appartenaient au décor des thermes proches des IVe/Ve siècles). On ignore donc l’emplacement de la cathédrale décrite au VIe siècle.

    Les fondations de l’édifice du parvis (fouilles de Théodore Vacquer en 1847, surveillances de travaux en 1907 et 1914, fouilles de 1965 à 1972 sous la direction de Michel Fleury) ont été établies sur le rempart arasé du IVe siècle. Leur interprétation a été très discutée. On peut y voir un bâtiment à cinq vaisseaux, flanqué de tours et pourvu d’un avant-corps, de 37 m de large sur 74 m de long supposés. La monumentalité de sa partie occidentale étant caractéristique de l’époque carolingienne, on est tenté d’y voir la cathédrale carolingienne. On pourrait situer la construction de cet édifice (peut-être le réaménagement d’un édifice antérieur) au IXe siècle, au moment de l’édification du quartier canonial, dans les années 820.

    Un acte de Louis VI de 1112/1117 délimite un territoire relevant de la seigneurie de l’évêque dans l’Île de la Cité. Il y est question d’une « vieille église » ayant un mur cassé du côté de la Seine et d’une « nouvelle église » ; dans ce texte, « église » signifie « cathédrale ». La reconstitution des limites de cette juridiction amène à identifier l’édifice du parvis avec la « vieille » cathédrale, la « nouvelle » serait plus à l’est, sous la cathédrale gothique. Le portail occidental de cette « nouvelle » cathédrale est mentionné en 1120, en 1124 des sommes d’argent sont affectées à l’entretien de sa couverture, l’abbé de Saint-Denis Suger (mort en 1151) la pourvoit d’une grande verrière. Les éléments de remplois dans le décor du portail Sainte-Anne de la cathédrale gothique, les fragments sculptés trouvés sous le parvis et dans les fondations du quatrième pilier méridional du vaisseau central sont tous attribuables au XIIe siècle. Ils composaient probablement le décor de la façade de cette cathédrale romane.

    Aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps (seconde moitié du VIIIe siècle), sainte Marie fut la patronne de la cathédrale ; saint Etienne était le patron d’une basilique voisine, distincte de la cathédrale, attestée de la fin du VIIe siècle au début du XIIe siècle.

     

    Bibliographie

    J. Barbier, D. Busson et V. Soulay, « Avant la cathédrale gothique. IVe-XIIe siècle », in D. Sandron (ed.), Notre-Dame de Paris, coll. La Grâce d’une cathédrale, Strasbourg-Paris, La Nuée Bleue – Place des Victoires, 2012, p. 17-27.

     

    Fiches thématiques

     

    Mise en ligne le 9 mai 2019

  • L'espace urbain de la cathédrale au milieu du XIIe siècle

    Olivier de Châlus

    Plan de Saint-Victor, vers 1550

    La liturgie, l’administration du diocèse, la dispense des sacrements, l’accueil des pèlerins, assurés par l’ancienne église épiscopale, le palais épiscopal, le baptistère et l’Hôtel-Dieu, ne pouvaient être interrompus pendant les travaux de la cathédrale de Maurice de Sully. L’activité de ces édifices a donc dû être perpétuée même si les terrains qu’ils occupaient devaient progressivement être libérés pour permettre le chantier de Notre-Dame de Paris. Comprendre l’environnement urbain l’ayant précédé, c’est donc aussi déterminer les contraintes qui ont structuré son projet de construction et donc mieux en interpréter son déroulé.

    Les sources d’information pour aborder cette question sont bien sûr archéologiques. Les différentes fouilles qui ont été conduites au XIXe siècle et au XXe siècle ont mis au jour une église sous le parvis de 35 mètres de large et de peut-être 70 mètres de long. Derrière cette église de l’ouest, se trouvait sans doute une autre église, plus à l’est, dont les vestiges trouvés sous le chœur de la cathédrale correspondraient à l’abside. Par ailleurs, existait au nord de celle-ci une petite église d’un seul vaisseau, d’une vingtaine de mètres de long et de quelques mètres de large.

    Un texte, daté de 1110 environ, nous décrit la distribution des terrains sous juridiction épiscopale dans cette partie orientale de l’île de la Cité. Il évoque deux églises, l’une dite « vieille église Saint-Étienne », dont un mur au moins est cassé, et l’autre « nouvelle église ». La présence du palais de l’évêque y est également indiquée. Depuis le XIXe siècle, trois interprétations différentes de l’implantation de ces différents édifices ont été proposées à partir de ce texte, dans quatre publications.

    Sans rentrer dans les raisons des divergences de ces reconstitutions, il est en tout cas improbable que la vieille église Saint-Étienne soit celle du parvis, comme le supposaient Marcel Aubert et Jean Humbert. On expliquerait effectivement assez mal que l’église conservée sur le parvis jusqu’à la consécration du chœur de Notre-Dame de Paris soit celle déjà décrite en ruine cinquante ans avant. Il serait plus logique qu’il s’agisse de l’église neuve et que la vieille église Saint-Étienne soit l’église de l’est ou la petite église découverte plus au nord. Cette configuration est confirmée par un acte de 1168, qui évoque que l’Hôtel-Dieu se trouvait devant l’église Notre-Dame. Or nous savons que l’Hôtel-Dieu occupait les terrains de la tour sud. Ainsi l’église neuve était l’église de l’ouest, et donc l’église Notre-Dame.

    Il n’en reste pas moins une quantité importante d’interrogations que seules des fouilles archéologiques permettraient de résoudre : où se trouvaient exactement les édifices que je viens d’évoquer ? Quelles étaient les possibilités de déploiement du chantier dans ce contexte ? Lesquelles ont été choisies et pourquoi ? Par ailleurs, on parle généralement d’une cathédrale antique, puis d’une cathédrale mérovingienne, ensuite d’une cathédrale carolingienne et enfin une cathédrale romane. Mais les existences passées de toutes ces églises ne peuvent être que supposition sans éléments archéologiques complémentaires.

     

    Éléments bibliographiques :

    Victor Mortet, La cathédrale et le palais épiscopal de Paris, VIe-XIIe siècle, 1888

    Marcel Aubert, Les anciennes églises épiscopales de Paris, Saint-Étienne et Notre-Dame, au XIe siècle et au début du XIIe, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 83ᵉ année, N. 3, 1939

    Jean Humbert - Les origines de Notre-Dame de Paris, Revue d'histoire de l'Église de France, 1964

    Josiane Barbier, Didier Busson et Véronique Soulay, Avant la cathédrale gothique VIe XIe, La grâce d’une cathédrale Notre-Dame de Paris, 2013

    Olivier de Châlus, Thèse de doctorat, en préparation sous la direction de Philippe Bernardi

     

    Fiches thématiques

     

    Mise en ligne le 11 mai 2019